A 15 jours du délibéré de l’affaire imam Ndao : PRIERES POUR UN ACQUITTEMENT – Me Massokhna Kane : «Un Tribunal normal ne peut le condamner»

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Le verdict du procès de l’imam Alioune, poursuivi pour terrorisme, sera connu le 19 juillet prochain. Mais les membres des associations qui l’ont toujours soutenu, convaincus de son innocence, demandent au juge de l’acquitter. Face à la presse, ils ont dénoncé l’absence de preuve dans ce dossier.

A quelques jours du verdict du procès de l’imam, Alioune Badara Ndao, ses soutiens continuent la bataille d’opinion pour convaincre de l’innocence du guide religieux poursuivi pour «terrorisme». Face à la presse hier, les associations comme la Ligue des imams et prédicateurs, le Rassemblement islamique, Jamatul Ibadou Rahmane, l’Ong Jamra ont réitéré les propos qu’ils ont tenus depuis l’arrestation de l’imam Ndao.
Le président de la Ligues des imams soutient qu’il a toujours cru et croit toujours à son innocence. Ahmed Dame Ndiaye estime qu’il n’y a rien qui prouve les faits qui lui sont reprochés. Selon lui, ce qu’ils attendent le jour du verdict c’est que le tribunal reconnaisse qu’il s’est trompé et le libère. Makhtar Guèye de l’Ong Jamra a, pour sa part, dénoncé l’excès de zèle dans la lutte contre le terrorisme. Selon M. Guèye, tout citoyen épris de justice et de paix ne peut être que d’accord avec cette lutte, mais souligne-t-il, il est évident que si on n’y prend garde, on risque de faire le jeu des mouvements jihadistes dans le diktat de la terreur du fait de l’excès de zèle. Prenant l’exemple des prisonniers de Guantanamo poursuivis pour terrorisme et finalement libérés et dont deux d’entre eux sont au Sénégal, le président de l’Ong Jamra demande aux autorités judiciaires du Sénégal de donner cette chance à l’imam Ndao. «Je demande au juge de faire l’effort de ne pas faire moins que les juges américains qui n’ont pas cédé à l’excès de zèle de la Cia», a-t-il plaidé.
Présent à ce face à face avec la presse, le Pr Malick Nidaye a accusé «les francs-maçons qui ne veulent pas de croyants» d’être derrière l’emprisonnement de l’imam Ndao. Pour lui, ce qu’on reproche au guide religieux, c’est son rôle d’éducateur. Faisant sa plaidoirie, Me Masokhna Kane a souligné l’absence de preuve dans ce dossier. «Si on accuse quelqu’un, il faut montrer les preuves. Comment on peut demander la perpétuité et 30 ans de travaux forcés sans preuve sur la table du Tribunal ? C’est une grande irresponsabilité. Ces accusations ont été montées de toutes pièces. C’est ce qu’il y avait dans le Pv qu’ils (le juge d’instruction et le procureur) ont recopié dans leurs documents», a-t-il dénoncé. Voyant une main étrangère dans ce procès des présumés terroristes, Me Kane révèle que des Américains ont dans une lettre demandé la possibilité d’entendre les Sénégalais poursuivis pour «terrorisme». «Comment le procureur peut-il accepter une chose pareille ?», s’est-il interrogé.
Revenant sur l’absence de preuve, l’avocat souligne qu’on accuse l’imam Ndao d’avoir transformé ses daaras en centres d’entraînement pour des terroristes, mais il n’y a pas eu de descente sur le terrain pour en avoir la preuve. «Un Tribunal normal ne peut pas les condamner. S’ils sont des juges indépendants, ils ne vont pas condamner imam Ndao sans preuve», a-t-il soutenu.

dkane@lequotidien.sn

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