Babou Diaham, un Babou du Lôg

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Ceux qui demandent sa démission ou poussent le Directeur de l’Office du Baccalauréat, Babou DIAHAM, à le faire ont tord. Pour plusieurs raisons. D’abord le Directeur de l’Office du Baccalauréat ne peut pas démissionner alors qu’en tant que Capitaine, son navire est en pleine tempête. Aussi méconnaissent-ils l’homme qui, depuis des semaines fait la Une des médias. Un «retraité qui s’accroche à son poste» ? Non.

Parti du village de Soum, aujourd’hui érigé en commune, Babou DIAHAM figure parmi les fils et filles du Lôg dont les parents hésitaient à envoyer en « aventure » hors de la contrée. Pour nombre ces parents aller travailler, à l’époque, à Foundiougne distante seulement de quelques kilomètres était inacceptable. Inacceptables parce que laissant derrière tout ce dont ils avaient besoin pour vivre : des terres fertiles, des vergers et de grands troupeaux. Qu’est ce qu’ils vont faire là-bas alors que tout est ici, se demandaient-ils. Un défi à relever pour Babou et les autres.

Après avoir réussi aux examens du Certificat d’Etudes Primaires et de l’Entrée en Sixième, le petit Babou partit pour de brillantes études secondaires sanctionnées par un Baccalauréat (qui lui joue aujourd’hui des tours). Il entrait ainsi dans le club fermé des premiers bacheliers scientifiques du Lôg. Le premier fut un autre Babou, Babou Senghor de Mbam orienté au lycée Gaston Berger de Kaolack. Après l’université et victime des évènements de Mai 1968, Babou SENGHOR finit par devenir enseignant dans le secondaire. Et après une brillante carrière effectuée à Mbour, il y a élu domicile et continue à y vivre paisiblement sa retraite.

Après la Bac, cap sur la France pour Babou DIAHAM. Il revint comme professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar où il a enseigné plusieurs disciplines dont la Chimie. Un mérite. Mieux, l’actuel Directeur de l’Office du Bac pouvait bien rester en France comme l’ont fait de brillants universitaires natifs du Lôg précisément de Mbam, de Gagué, de Mbassis. Il pouvait aussi rester à Dakar, la Capitale qui a engloutis beaucoup de fils du Lôg. Excepté un autre Babou, celui là Loum qui a suivi un parcours similaire que celui de Babou DIAHAM, Babou Loum que Mbam et le Lôg pleure encore.

« Je ne démissionnerai pas et ne suis pas prêt à le faire ». Cette attitude il la doit à son éducation sérère et va servir tant que celui qui l’a nommé ne lui retire sa confiance. «Démissionner n’est pas Africain », ont écrit certains, renoncer à ses valeurs ne l’est pas aussi. Boubou croit aux valeurs sérères et y tient beaucoup servant parfois à distance sa communauté : de Dakar il tient le « ndout » qui se déroule à Soum. Il est membre fondateur du RAAG et la commission Education qu’il présidait était la plus dynamique. Encore que Babou aurait pu revenir avec une « toubab » comme épouse. Sa « awo » il l’a choisie à Soum. Une battante devenue universitaire.

Des enquêtes sont en cours pour situer les responsabilités. Si ce sont des fautes administratives qui ont entraîné les fuites, Babou est prêt à les assumer. Seulement si ce sont des «fautes » pour tenter de le salir ou commises parce que pressés pour occuper son poste non encore déclaré vacant, qui de droit prendra les décisions idoines. Et Directeur pourra quitter la tête haute.

Alioune LOUM, Quartier Tiamène, Foundiougne.


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