Distinction : qui sont les Prix Nobel africains ?

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Depuis sa création en 1901 le prix Nobel récompense différentes icônes mondiales dans divers secteurs qui ont toutes, d’une manière ou d’une autre rendu un service à l’humanité. Le prix Nobel de la Paix est évidemment le plus prestigieux de tous.

Depuis sa création, il a été décerné à pas moins de 9 Africains. Tous ayant été essentiellement des acteurs incontournables pour la paix et la stabilité dans leur pays respectifs. Toutefois, il faut souligner que dans un cadre plus globalisé des prix Nobel, 15 africains ont été primé.

Voici les profils de tous ces fils d’Afrique qui ont été sacrés Prix Nobel de la paix.

Albert John Lutuli ou Luthuli, « Mvumbi » en zoulou (1898 –21 juillet 1967)

Homme politique d’Afrique du Sud, il fut le président du Congrès national africain (ANC) de 1952 à 1967 et Prix Nobel de la paix en 1960 pour son combat contre le régime ségrégationniste de l’apartheid.

En 1928, il  accède au poste de  secrétaire de l’association des enseignants africains et en 1933 en devient le président. C’est durant cette année-là que les aînés de sa tribu lui demandent de devenir leur chef tribal. Ce n’est qu’en 1936 qu’il accepte la charge de leader de la chefferie et il le restera jusqu’à son éviction par le gouvernement en 1952.

En 1936, Albert John Lutuli , prend ses premières positions politiques après que le gouvernement de James Barry Hertzog a retiré le droit de vote aux Noirs de la province du Cap. En juillet 1967, il meurt dans un accident près de Stanger à l’âge de 69 ans. En 2004, il fut élu à la 41è position sur la liste des 100 « Greatest South Africans » (Les cent plus grands Sud-Africains).

Anouar El-Sadate, l’homme d’Etat assassiné

De son vrai nom Muhammad Anouar el-Sadate, l’homme d’Etat égyptien est né le 25 décembre 1918 et assassiné le 6 octobre 1981. Il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1978, conjointement avec le Premier ministre israélien Menahem Begin pour son rôle dans les accords de Camp David, le  17 septembre 1978 sous la médiation de l’ancien chef de la Maison Blanche Jimmy Carter.

Président de l’Assemblée nationale, vice-président de la République du général Gamal Abdel Nasser, Anouar El-Sadate occupe les fonctions de président de la République de 1970 jusqu’à son assassinat, en 1981. Il occupe également le poste de Premier ministre par deux fois durant sa présidence. Son régime se caractérise par des pratiques autocratiques, telles que des rafles de centaines d’opposants et des persécutions contre la presse.

Desmond Tutu, le militant anti-apartheid 

Desmond Mpilo Tutu, archevêque anglican sud-africain a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1984 en reconnaissance de son rôle dans la lutte anti-apartheid. C’est l’une des voix africaines qui est très écoutée et qui porte.

Desmond Tutu malgré son grand âge, n’hésite pas à prendre la parole quand on est  face à une  injustice quelque part dans le monde. Il l’a récemment réitéré sur les exactions  commises en Birmanie, en interpellant directement la présidente pour qu’elle protège la minorité musulmane persécutée.

Deuxième des trois enfants de Zacheriah Zililo et Aletta Tutu, Desmond Mpilo Tutu est né à Klerksdorp dans la province du Transvaal le 07 octobre 1931. Nommé doyen du diocèse de Johannesburg en 1975, il est le premier Noir à occuper ce poste. Il devient évêque du Lesotho (1976-78), puis premier secrétaire général noir du Conseil œcuménique d’Afrique du Sud (1978-85). Il est nommé Archevêque du Cap, pour l’église anglicane d’Afrique du Sud, devenant le premier Noir à occuper cette fonction.

Durant toutes ces années, il n’a cessé de faire passer son message de paix et de non-violence au cours de sermons et de prédications qui rassemblent des foules immenses et qui firent les temps forts de la lutte pacifique menée contre les gouvernements afrikaners.

Nelson Mandela et Frederik De Klerk

Mandela et De Klerk ont été co-lauréats du Prix Nobel de la Paix en 1993. Une façon de récompenser leur engagement pour une « nouvelle Afrique du Sud démocratique».

En 1993, Nelson Mandela est salué par le monde entier pour sa détermination, un demi-siècle de combat mené contre l’apartheid en Afrique du Sud. Quelques mois plus tôt, il a entamé avec Frederik de Klerk, alors chef de l’Etat, d’importantes négociations pour la mise en place d’une politique de réconciliation nationale entre Noirs et Blancs. Le gouvernement accepte finalement la tenue d’élections multiraciales. Trois ans déjà ont passé depuis l’annonce par Frederik de Klerk de la fin de l’apartheid, et la libération de « Madiba ».

Ses 27 ans d’emprisonnement ont fait du leader de l’ANC, le mouvement anti-apartheid, l’un des plus célèbres prisonniers politiques de l’Histoire. En mai 1994, Nelson Mandela remportera les élections et deviendra ainsi le premier président noir d’Afrique du Sud.

Kofi Annan, ancien SG du Conseil de sécurité

 

Kofi Annan, Joint Special Envoy of the United Nations and the Arab League for Syria, speaks during a press briefing, at the European headquarters of the United Nations, UN, in Geneva, Switzerland, Thursday Aug. 2, 2012. Annan is stepping down as UN Arab League mediator in the 17-month-old Syria conflict at the end of the month, U.N. chief Ban Ki-moon said in a statement on Thursday. (AP Photo/Keystone, Martial Trezzini)

(Kofi Atta Annan), né le 8 avril 1938 à Kumasi au Ghana, fut le septième secrétaire général des Nations unies et le premier à sortir des rangs du personnel de l’Organisation. Il occupe cette fonction de 1997 à 2006. Le 10 décembre 2001, il reçoit le prix Nobel de la Paix.

Kofi Annan commence à travailler pour l’Organisation mondiale de la santé en 1962 comme fonctionnaire de l’administration et du budget. Depuis, il a été en poste à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, à Addis-Abeba en Éthiopie, à la Force d’urgence des Nations unies (FUNU II) à Ismailia (Egypte), au Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Genève, puis au Siège des Nations unies à New York, comme sous-secrétaire général à la gestion des ressources humaines et coordonnateur des Nations unies pour les questions de sécurité (1987-1990), puis comme sous-secrétaire général à la planification des programmes au budget et à la comptabilité, puis contrôleur (1990-1992).

En 1990, après l’invasion du Koweït par l’Irak, Annan reçoit du secrétaire général pour mission spéciale d’organiser le rapatriement de l’Irak de plus de 900 fonctionnaires internationaux et ressortissants de pays occidentaux. Il dirige ensuite la première équipe des Nations unies chargée de négocier avec l’Irak sur la question de la vente du pétrole pour financer l’aide humanitaire.

Wangari Maathai : protéger l’environnement pour garantir la paix

– cette Kényane, militante écologiste a été la première femme africaine lauréate du  Prix Nobel de la Paix en 2004.  Wangari était réputée pour «sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix». De son vivant cette biologiste  a planté des millions d’arbres dans son pays.

Wangari Maathai est née en 1940, dans le village proche de Nyeri, au cœur de l’ethnie Kikuyu, au pied du Mont Kenya. Issue d’une famille d’humbles fermiers, Wangari Maathai passe sa scolarité sur les bancs des écoles kenyanes.

Sa vivacité intellectuelle est vite remarquée par des sœurs catholiques qui lui permettent d’aller étudier aux Etats-Unis. Elle se perfectionne en Allemagne. De retour au pays, avec en poche une spécialisation en biologie, Wangari Maathai enseigne la zoologie à l’Université de Nairobi.

D’ailleurs, pour célébrer son Prix Nobel, Wangari Maathai est retournée en Afrique. Au pied du Mont Kenya, elle y a planté symboliquement de ses mains un tulipier d’Afrique, comme pour la première fois. Un moment salvateur et de bons augures pour les générations futures. Son combat ne fait que continuer avec un seul but, préserver les dons sacrés de la Terre : les Forêts et des Hommes…

En 2008, elle accepte de siéger parmi les membres du comité d’honneur de la Fondation Chirac pour le dialogue des cultures et le développement durable. Elle rejoint dans ce comité d’honneur d’autres lauréats du Nobel de la paix comme Kofi Annan, Rigoberta Menchu (du Guatémala) etc… Wangari Maathai est décédée le 25 décembre 2011

Mohamed EL Baradei, diplomate et homme d’État égyptien.

Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de 1997 à 2009, l’Egyptien reçoit le prix Nobel de la Paix en 2005 conjointement avec l’organisation qu’il dirige.

Le 9 juillet 2013, il est nommé vice-président de la République arabe d’Égypte, quelques jours après le coup d’État militaire ayant entraîné la chute de Mohamed Morsi. El Baradei présente sa démission de ce poste le 14 août pour protester contre la répression des manifestations de partisans de Morsi.

Le 7 octobre 2005, le Prix Nobel de la Paix est attribué conjointement à Mohammed el-Baradei  et l’AIEA  dont il était  le directeur général, pour leurs efforts conjugués en faveur de la non-prolifération des armes nucléaires dans le monde.

Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee 

Toutes deux récipiendaires  Prix Nobel de la paix en 2011. Les deux Libériennes ont été primées pour leurs efforts en faveur de la sécurité et des droits des femmes dans leur pays qui a connu les affres de la guerre civile.

La particularité de cette distinction est qu’elle a sacré en même temps 3 femmes : 2 Libériennes et une Yéménite Le prix Nobel de la paix de 2011 est alors attribué conjointement à Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia, à la Libérienne Leymah Gbowee et à la Yéménite Tawakkoul Karman.

Ellen Johnson Sirleaf est la première femme à avoir été élue présidente d’un Etat africain et toujours la seule. Madame Sirleaf a été  à la tête d’un pays de quatre millions d’habitants traumatisé par des guerres civiles successives qui, de 1989 à 2003, ont fait quelques 250 000 morts, détruit les infrastructures et l’économie du Libéria.

Sa compatriote Leymah Gbowee est récompensée pour son travail de mobilisation et d’organisation des femmes de toutes ethnies et de toutes religions pour mettre fin à la guerre civile et garantir la participation des femmes aux élections.

Leymah Gbowee est une militante pacifiste qui a contribué à mettre fin aux guerres civiles ayant ravagé son pays jusqu’en 2003. Depuis qu’elle s’est illustrée dans des mouvements de non-violence, cette quadragénaire, issue de l’ethnie Kpellé, a trouvé un autre surnom sur la scène internationale : « La guerrière de la paix ».

 Les autres fils d’Afrique  «nobelisés» 

Indépendamment du Nobel de la paix, d’autres personnalités africaines ont été distingués par d’autres Prix Nobel. Ainsi, en  dehors des 9 distinctions au  très prestigieux «Nobel Peace prize», l’Afrique a vu 6 autres de ses fils distingués globalement dans différents domaines comme  la littérature, la chimie entre autres.

Les lauréats de ces prix sont :

  • Le sud-africain Max Theiler, sacré en Médecine pour avoir  découvert le vaccin contre la fièvre jaune en 1951
  • le Nigérian Wole Soyinka sacré Prix Nobel  de littérature en 1986 de même que l’Egyptien Naguib Mahfous (1986),
  • la Sud-africaine Nadine Gordimer (1991) et
  • le Sud-africain John Maxwell Coetzee (2003)
  • L’unique Prix Nobel de Chimie que l’Afrique ait obtenu est à mettre au crédit de l’Egyptien Ahmed Zewail en 1999, récompensé pour «ses études des états de transition d’une réaction chimique à l’aide de la technique de spectroscopie laser femto seconde (10-15 secondes) est utilisée notamment dans le domaine de la médecine pour les imageries à résonance magnétique).

Le constat est que l’Afrique du Sud tient la Palme d’or en termes de quantité de Nobel obtenus aussi bien  celui de la Paix, le plus prestigieux que dans d’autres domaines.  Le 2è constat que l’on peut faire, c’est que  ce sont des pays anglophones d’Afrique qui sont les mieux représentés (l’Afrique Australe où seule l’Afrique du Sud  a la main), ensuite, c’est le Maghreb ( surtout  les Nobel en sciences).

L’Afrique l’Ouest est aussi représentée par un Ghanéen, un Nigérian et deux Libériennes. Tandis qu’en Afrique francophone aussi bien de l’Ouest  que du Centre, aucune personnalité n’a été  encore « nobélisée ».


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