Etat-civil : 30 % des Sénégalais n’ont pas de papiers

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Etat-civil : 30 % des Sénégalais n’ont pas de papiers

Abdou Khadre Diop, représentant du Haut-commissariat des nations unis pour les réfugiés (Unhcr) rappelle que 30 % de la population sénégalaise sont à risque d’apatridie.

M. Diop a fait ce rappel, ce samedi, en marge d’un concours de plaidoyer sur le thème de l’apatridie. L’objectif est d’impliquer les universités dans la sensibilisation.

 Seulement 70 % de la population sénégalaise sont enregistrés dans les registres d’état civil, selon le dernier recensement. Ce qui fait des personnes qui ne le sont pas des personnes à risque d’apatridie.

Ces informations ont été livrées par Abdou Khadre Diop, représentant du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Unhcr). Il s’est prononcé samedi dernier en marge d’un concours de plaidoyer sur le thème de l’apatridie.

Et pourtant, dit M. Diop, ces personnes ont des noms sénégalais, parlent des langues sénégalaises mais ne parviennent pas à avoir la nationalité sénégalaise et ne peuvent pas faire valoir leurs droits au niveau des autorités. Pour lui, il y a encore du travail à faire notamment dans les régions.

«Il y a un travail de régularisation des naissances pour permettre à des personnes qui n’étaient pas déclarées de le faire. L’objectif est d’éradiquer l’apatridie d’ici 2024», selon M. Diop. Qui rappelle que, en 2013, le Sénégal a modifié sa loi sur la nationalité pour permettre aux femmes de donner la nationalité à leurs enfants…

Revenant au concours, Abdou Khadre Diop rappelle que la compétition entre dans le cadre de la sensibilisation des étudiants, décideurs de demain. Ce qui est visé, d’après lui, c’est de porter le débat de l’apatridie au niveau de l’université car, selon lui, les étudiants en droit ne sont pas trop sensibilisés sur la question.

Ahmet Tidiane Diouf, coorganisateur du concours dont le slogan est «Non à l’apatridie» souligne que ce phénomène est très peu connu et que beaucoup d’universités ne sont pas sensibles à cette question. A l’en croire, on s’intéresse plus aux majorités dans les démocraties alors qu’il y a des minorités qui souffrent.

Il faut, dit-il, que les citoyens soient conscients de la difficile condition des apatrides de vivre dans un Etat sans avoir de papier, imaginent la précarité et la souffrance que ces personnes vivent au quotidien. C’est une manière, d’après lui, d’inviter les autorités, le législateur, en tête, à se prononcer afin d’apporter des réponses aux questions que les minorités se posent.

Quatre équipes d’étudiants en droit ont participé à la compétition. L’école Ensup a remporté haut la main la partie. Après les jubilés, le jury leur a rappelé que ce qui est attendu d’eux c’est de porter le plaidoyer pour lutter contre l’apatridie dans leur quartier, village, commune, région…

Emile DASYLVA       


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