François Compaoré, frère cadet de Blaise Compaoré, arrêté à Roissy

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François Compaoré, le « petit président », frère cadet de Blaise Compaoré, a été arrêté dimanche à l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle, une information confirmé par la préfecture de Paris et le ministère de la Justice au Burkina.

En juillet dernier, la justice burkinabè avait lancé un mandat d’arrêt international contre François, le frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré dans l’affaire de l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo en décembre 1998.

François Compaoré, un des personnages les plus impopulaires des 27 ans du régime Compaoré, est poursuivi pour « incitation à assassinats », avait indiqué l’avocat de la famille Zonzo, précisant qu’ »il y a eu quatre crimes », l’assassinat de Zongo et de trois compagnons.

Journaliste d’investigation et directeur de publication de l’hebdomadaire L’indépendant, Norbert Zongo et trois de ses compagnons ont été retrouvés morts carbonisés dans leur véhicule le 13 décembre 1998 dans le sud du Burkina.

Auteur de plusieurs enquêtes retentissantes démontrant la mauvaise gouvernance sous le régime du président Compaoré, M. Zongo travaillait au moment de son assassinat sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère cadet et conseiller économique du président Compaoré surnommé le « petit président ».

François Compaoré, personnage très influent du régime déchu, un temps inculpé de « meurtre et recel de cadavre » après la mort de son chauffeur, n’a jamais été inquiété dans le dossier Zongo.

Il s’est enfui du pays lors de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et a obtenu en même temps que Blaise Compaoré la nationalité ivoirienne.

Longtemps laissé dans les tiroirs, le dossier Norbert Zongo a été rouvert à la faveur de la chute de M. Compaoré fin octobre 2014, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir.

En décembre 2015, trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de M. Compaoré – dissoute après sa tentative de coup d’Etat mi-septembre 2015 – ont été inculpés par la justice.

Le mandat d’arrêt lancé par la justice burkinabè contre Blaise Compaoré et sa présence à Abidjan avaient envenimé les relations entre les deux voisins avant un réchauffement en 2016.

voaafrique

Burkina : Blaise Compaoré défendu par l’avocat français Pierre-Olivier Sur lors du procès du gouvernement Tiao

C’est au titre d’ex-ministre de la Défense que l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré sera jugé à partir du 27 avril à Ouagadougou aux côtés de 32 anciens ministres du gouvernement de Luc Adolphe Tiao. Sans surprise, l’ex-chef d’État ne se présentera pas devant les juges.

Le procès devant la Haute Cour de justice devrait, sauf rebondissement, s’ouvrir en l’absence du principal accusé, l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré. Depuis son domicile d’Abidjan, en Côte d’Ivoire − pays dont il a acquis la nationalité −, l’ancien chef de l’État, poursuivi en tant qu’ex-ministre de la Défense, a fait savoir qu’il ne se rendrait pas à Ouagadougou le 27 avril prochain. Il sera en revanche représenté par son avocat français, Pierre-Olivier Sur.

Ce dernier, ancien bâtonnier du barreau de Paris, défend déjà les intérêts de François Compaoré, frère cadet de l’ancien Président. Pierre-Olivier Sur était récemment à Abidjan pour le procès des « disparus de Novotel », en marge duquel il s’est entretenu avec l’ex-chef de l’État burkinabè.

32 ministres poursuivis, dont Luc Adolphe Tiao

Au cœur des prochaines audiences devant la Haute Cour de justice : l’examen de la responsabilité des membres du gouvernement de Luc Adolphe Tiao dans la répression meurtrière de l’insurrection populaire de l’automne 2014, qui avait chassé du pouvoir l’ancien Président.

Selon l’ordonnance de renvoi que Jeune Afrique a pu consulter, les prévenus, qui avaient tous participé au conseil des ministres extraordinaire du 29 octobre 2014, seront poursuivis pour des faits de « complicité de coups et blessures volontaires et complicités d’homicide volontaire » pour avoir incité « les forces de défense et de sécurité à tirer à balles réelles sur des manifestants les 30, 31 octobre et 2 novembre 2014 occasionnant sept morts et 88 blessés ».

Avec JeuneAfrique


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