Gamou 2018 : en route vers Médina Baye : Cheikh Babacar SARR

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« Je viens vous informer que mon disciple, Babacar SARR, sera inhumé chez lui, ici à Foundiougne ; je ne suis pas venu demander la permission, je viens juste pour vous en informer ». Ces propos sont de Cheikh Ibrahima NIASSE dit Baye, à l’endroit du Commandant de Cercle de Foundiougne. Foundiougne où Baye était venu personnellement, en 1957, s’occuper de l’inhumation et des funérailles de son disciple Cheikh Babacar SARR. Les parents étaient partagés déjà sur l’endroit où enterrer le défunt : Foundiougne, Djirnda ou Diamniadio. Et il fallait trancher. Le passage chez le Commandant de Cercle était aussi nécessaire car il était interdit aux indigènes d’enterrer les morts dans les foyers. Exception sera faite pour le disciple de Baye : le Commandant de Cercle informa la hiérarchie à Saint- Louis du Sénégal qui lui demanda de laisser Baye NIASSE faire, à la seule condition que : « la tombe soit profonde ».

Babacar SARR est né en 1879, à Djirnda où il passa toute son adolescence. Son père décida de l’envoyer au Niombato, sur la terre ferme, étudier le Coran. Ses oncles maternels ne sont pas du tout d’accord. Finalement il eût gain de cause et le fils se retrouva au village de Médina Sanghako. Après de profondes études, il séjourna dans des foyers religieux du Saloum pour approfondir ses connaissances. Et c’est là qu’il rencontra le Cheikh Abdoulaye NIASSE qui devint son guide spirituel. Ce dernier le confia à son fils Babacar NIASSE qui était de la même génération. Au soir de sa vie, selon notre source, Cheikh Abdoulaye NIASSE fit venir Babacar SARR et lui dit : « Si je ne suis plus de ce monde, prends Ibra (Ibrahima NIASSE dit Baye) comme guide ».

Babacar SARR alla poursuivre ses études à Saint Louis. Ses oncles maternels allèrent le chercher pour les besoins du mariage. Revenu au bercail, il fonda des écoles coraniques, « daara », à Djirnda et à Diamniadio. Il vint s’installer définitivement à Foundiougne pour s’adonner à l’enseignement coranique et au commerce précisément au transport des marchandises. Selon toujours notre source, son « daara » de Foundiougne comptait plus de cent (100) disciples dont des pères de famille et autres travailleurs. Les plus célèbres de ses côtres sont « Rahmane » et « Suzette » qui naviguaient sur le Bras de mer Saloum jusqu’à Lyndiane et Kaolack. L’arachide était le principal produit transporté. Ces côtres allaient aussi jusqu’à Saint Louis et revenaient avec divers produits.

Babacar SARR s’illustra par sa foi et son engagement auprès de Baye qui, de Taiba Niassène vint s’installer à Kossi, près de Kaoalack. Par exemple pour la construction ou la réfection des maisons, Babacar SARR embarquait, aidé par ses disciples, l’herbe qui, débarquée à Lyndiane était acheminée, à pieds à Kossi. De là aussi, à pieds, en compagnie de condisciples de Baye, il allait prier à Kaolack et revenait, au crépuscule, après le « wadjifa ». Il effectua le Pèlerinage à la Mecque, en 1927. Son mausolée, à Foundiougne, fait l’objet d’un ziarra annuel. Disciples et fidèles en allant ou de retour du Gamou de Médina Baye s’y recueillent.

Alioune LOUM, ndouckou@gmail.com

 

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