Glyphosate: Le meilleur moyen pour sauver Monsanto, l’UE sous pression l’obtient en renonçant à prendre une décision

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Les Etats membres de l’Union européenne n’ont pas pris de décision sur le sort du glyphosate, mercredi, cet herbicide controversé dont la licence expire en décembre. La Commission européenne doit désormais étudier le point de vue des différents pays.

La réunion du comité d’experts censés décider du prolongement de la licence du glyphosate n’a pas donné lieu à un vote formel. La Commission a décidé d’organiser une nouvelle réunion sur le sujet, à une date ultérieure communiquée “sous peu”.

La Commission défendait initialement une prolongation de l’autorisation du glyphosate pour dix ans. Mardi, elle a finalement indiqué qu’elle proposerait un renouvellement compris entre cinq et sept ans. L’exécutif européen a fait cette annonce peu après le vote d’une résolution non contraignante au Parlement européen appelant à l’interdiction totale du glyphosate d’ici 2022.

Opposants
Plusieurs Etats membres, France, Autriche, Italie en tête, ont affirmé publiquement leur opposition à une autorisation valable pour encore 10 ans.

La Belgique a également rejoint le camp des opposants en annonçant mercredi souhaiter renouveler l’autorisation du glyphosate pour une durée maximale de cinq ans avec un “phasing out”, c’est à dire un arrêt progressif de l’utilisation du produit – composante principale de l’herbicide Roundup de la multinationale Monsanto.

Nouvelle réunion
Lors de la réunion de mercredi matin, la Commission a proposé des licences de respectivement dix ans, sept ans et trois ans. Aucun de ces scénarios n’a pu être adopté, c’est pourquoi une nouvelle réunion sera convoquée, a indiqué une source sérieuse.

Il faut une majorité qualifiée – 55% des Etats membres représentant 65% de la population – pour accepter ou rejeter la proposition de la Commission, difficile à atteindre sans les poids lourds démographiques de l’UE.

Controverse
La Commission va désormais étudier les points de vue des différents pays. Selon une porte-parole de la Commission, elle maintient son objectif de “trouver une solution qui bénéficie du soutien le plus large possible, qui assure un haut niveau de protection de la santé humaine et de l’environnement, en ligne avec la législation européenne et fondée sur les données scientifiques disponibles”.

Si les Etats membres ne parviennent pas à se mettre d’accord sur le sujet, la Commission devra décider seule. Mais en raison de la controverse autour du produit, classé “cancérigène probable” par l’OMS en 2015, l’exécutif européen veut éviter cette option.

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