Corruption au Sénégal: la vaste enquête de Transparency International

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Dans une vaste enquête  très détaillée  sur l’opinion que les Sénégalais  ont de la corruption et sur leurs expériences liées à la pratique des pots-de-vin,Transparency International  fait de grosses révélations liées à des pratiques de corruption au Sénégal.  

Dans un rapport de 36 pages, publié ce jeudi 11 juillet,  montrant comment 47 000 personnes de 35 pays et territoires perçoivent et vivent la corruption de septembre 2016 à septembre 2018,  l’organisation non gouvernementale internationale d’origine allemande ayant pour principale vocation la lutte contre la corruption des gouvernements et institutions gouvernementales mondiaux révèle que 26%  des personnes sondées estiment que tous les membres du gouvernent sont tous corrompus. Ce chiffre est de 24% pour le Parlement et 23% pour la primature (l’enquête ne prend pas en compte la suppression du poste du PM). Quant au niveau de corruption  des autorités locales, ils  sont 23% des Sénégalais qui pensent que ces dernières sont tous corrompues . Le milieu des affaires et les magistrats et juges  (24%)  sont également pointés du doigt par les Sénégalais. Mais « l’institution » publique la plus corrompue reste et demeure la Police.

Les religieux sont également pointés du doigt

Environ 16% des personnes qui ont utilisé les services de la Police ont versé  des pots-de-vin aux hommes en bleu ces 12 derniers mois. 29% pensent qu’elle est corrompue. Pendant ce temps, plus de la majorité des personnes sondées, soit 53%, indique que le gouvernement fait un mauvais travail en matière de lutte contre la corruption. Selon toujours le report qui  inclut des recommandations sur ce que la communauté internationale peut faire pour réduire les effets néfastes de la corruption en Afrique, laquelle «  touche de façon disproportionnée les citoyens les plus pauvres et les plus jeunes. », au Sénégal,  43% des personnes qui sont intégrées par l’OGN ont le sentiment que la corruption augmente dans leur pays et 52%  estiment qu’en tant que citoyens, ils peuvent faire la différence dans la lutte contre la corruption. Par contre, la perception du niveau de corruption dans les familles religieuses est très faible. Elle est de seulement  8%, mais reste élevée par rapport à celle au niveau  des écoles et universités publiques ou établissements de santé publique. Dans son dernier rapport, l’Ofnac avait évalué le montant global de pots-de-vin payés à 118,44 milliards de F CFA au Sénégal en 12 mois.

Si les Sénégalais interrogés ne sont pas optimistes dans leur majorité dans la lutte contre la corruption au Sénégal, dans d’autres pays du continent ce sentiment d’insatisfaction est encore plus intense. La République démocratique du Congo (RDC) est un exemple pertinent où 79% des personnes sondées  pensent que tous ou la plupart des parlementaires sont corrompus, suivi du Gabon avec 71%. Cependant, il existe des pays où les citoyens estiment que l’intégrité de leurs parlementaires est beaucoup plus élevée. C’est le cas du Cabo Verde et de la Gambie où respectivement  15% et 16% des personnes interrogées pensent que les parlementaires sont impliqués dans des affaires de corruption.

Les recommandations de l’ONG

Les études de Transparency International  montrent également  que plus de la moitié des citoyens pensent que la corruption empire dans leur pays et que leur gouvernement fait un mauvais travail en matière de lutte contre la corruption. Le rapport a également révélé que plus d’une personne sur quatre ayant eu recours à des services publics, tels que les soins de santé et l’éducation, avait versé un pot-de-vin l’année précédente. Cela équivaut à environ 130 millions de citoyens dans les 35 pays étudiés. A ce propos, l’organisation  recommande que les politiciens et fonctionnaires de haut rang  publient régulièrement et publiquement leurs avoirs financiers ainsi que leurs intérêts commerciaux. Transparency International  prône également une transparence totale dans la gestion des entreprises privées. Autres recommandations formulées par l’ONG,  l’indépendance des corps de contrôle des Etats  et le renforcement des pouvoirs de la société civile et des médias pour une surveillance plus efficace et efficiente  des dépenses publiques, des activités de lobbying sans oublier les compétitions électorales.  

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