Suppression du poste de Pm : Des juristes et constitutionnalistes rejettent le projet…

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La suppression du poste de Premier ministre que le Président Macky Sall veut imprimer à la constitution Sénégalaise fait toujours débat. Des pratiquants du droit qui lui sont proches ont rejeté le projet et le lui ont signifié.

Des constitutionnalistes, enseignant-chercheurs n’ont également pas approuvé la mesure et ont décelé des conséquences immédiates. La désapprobation des pratiquants du droit… C’est lors de la rencontre, jeudi 18 avril 2019 au palais entre le Président Macky Sall et l’ensemble de ses alliés que l’ancien Premier ministre, Me Souleymane Ndéné Ndiaye et Me El Hadji Diouf, tous pratiquants du droit, parce qu’avocats, ont tenu à exprimer leur désaccord par rapport à la décision du chef de l’Etat de supprimer le poste de Premier ministre. Car, cette mesure disent-ils «va chambouler notre armature institutionnelle».

Ils estiment que le poste de Premier ministre est important dans la nomenclature administrative de notre pays et participe beaucoup à huiler les relations entre le gouvernement et l’Assemblée nationale. Idem pour le Pr Ngouda Mboup, constitutionnaliste… Le Pr Ngouda Mboup, constitutionnaliste et enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) désapprouve et détaille les conséquences de la suppression du poste de Premier ministre.

«Supprimer le poste de Pm revient à changer la nature du régime politique. Dans la mesure où le Pm, dans l’architecture constitutionnelle est partie intégrante de l’Exécutif.

Nous avons un exécutif à deux têtes, composé d’un président de la République, politiquement irresponsable et d’un Premier ministre chef de gouvernement, qui est un organe collégial et une institution de surcroît, donc prévue par la constitution à travers l’article 6.

Si maintenant le Pm est lassé parce que simplement en réalité il faut qu’il y ait un interface entre le Président de la République et le Parlement. Parce qu’il y a deux légitimités qui sont là, donc, jouissant d’une légitimité populaire parce que simplement provenant du suffrage universel», a expliqué l’Universitaire.

A cet effet, avance-t-il dans une interview accordée à Media28 : «le gouvernement permet au président de la République de conduire sa politique et d’avoir l’investiture et l’onction du Parti. Si le gouvernement saute, notamment si le Pm est supprimé il n’y aura plus de gouvernement.

Parce que le gouvernement est dirigé par le Pm. Cela signifie que cette responsabilité politique du Pm pourrait bel et bien être transférée vers le président de la République, ce qui serait risqué.

A moins qu’on change la nature du régime en allant vers un régime présidentiel où il y aura une séparation des pouvoirs et notamment l’absence du droit de dissolution pour le président de la République et l’absence d’ possibilité de mettre en jeu la responsabilité du gouvernement parce que le gouvernement n’existerait plus».

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