« Boat people » du Sénégal : pire que la « COVID-19 » pour le «Tekki »

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Foundiougne, le 17 novembre 2020. Les « Boat people » du Sénégal avec comme cris de guerre : « Barcelone ou la mort » ne veulent rien entendre y compris même les menaces pour l’Enfer de guides religieux. La principale raison avancée par des rescapés de la Méditerranée et de l’Atlantique : «Tekki». En d’autres termes : aller en Europe pour gagner de l’argent et beaucoup d’argent. «Dama beuga tekki » : « faire plus que mes frères et demi-frères, ne plus être la risée des gens, donner plus de considération à ma mère au sein de la famille…». Donc il faut partir coûte que coûte malgré les efforts déployés par les autorités pour freiner ce convoi macabre pire que la «COVID-19 », une « COVID-19 N°2». Parmi les raisons avancées pour expliquer cette forte affluence, depuis le mois d’octobre 2020, la clémence du temps avec le début prochain des alizées et le retour en force de la pandémie en Europe. Les pays se confinant d’avantage, nos candidats pensent que la police et les grade- côtes vont baisser la garde et que les frontières seraient plus poreuses.

Il faut partir en trouvant de l’argent pour le billet et le visa. Minimum entre cinq cents mille et un million de francs CFA voire plus. Insuffisant pour obtenir le visa dont la demande est rejetée sans explications et les sommes dépensées non remboursées. Un million acquis au prix de maintes sacrifices : la vente à la sauvette le long des grands artères des villes, des économies suite à de bonnes récoltes, la mère qui se dépouille de tous ses biens. Direction : l’Océan ou le Désert du Sahara. Par là, on n’a pas besoin de visa. D’autres se sont même cachés dans les ailes d’avions. Comment expliquer : gagner un à deux millions en un an et dire qu’il n’y a pas de travail au Sénégal ? Le «Tekki», cette équation à plusieurs inconnues avec des responsabilités partagées, objet d’innombrables palabres dans les grand’places et autres plateaux de radios et de télévisions. Ils y sont allés jusqu’à proposer un deuil national et que le Président de la République en personne aille présenter ses condoléances à un village qui a perdu une vingtaine de ses enfants. Au contraire le Président de la République devrait dépêcher sur place la police et la gendarmerie pour une enquête afin de mettre la main sur ces criminels incluant ces parents qui poussent leurs enfants vers la mort.

Ils pouvaient indiquer à ces jeunes, à la fleur de l’âge, les chemins de la Vallée du fleuve Sénégal où de grands projets sollicitent de la main d’oeuvre abondante, des «Terres neuves » du Président Léopold Sédar Senghor, des daaras de khelcome/Touba où l’on exploite des milliers d’hectares alliant agriculture et éducation islamique. Aux autorités de penser à exploiter ces milliers d’hectares de terres entre Thiès et Saint Louis, dans la Boucle du Nord, entre Kaolack et Tambacounda, Kaolack et Ziguinchor, dans le Ferlo. Un forage tous les cent kilomètres ou moins pouvaient attirer des milliers de jeunes pour l’agriculture, l’élevage et protéger la faune : des bassins de rétention construits ça et là pour attirer les animaux sauvages, à les fixer et à favoriser la reproduction non loin de là. A Barcelone, les rescapés des mers et autres sont parqués dans des camps et dans les vignes. Ils travaillant comme des esclaves cultivant ou cueillant des pommes, des oranges et autres produits de rente. Pas de loisirs. Pas de voyages.

Le mouvement ne date pas d’aujourd’hui. C’est un long processus durant lequel on nous a fait toujours croire que tout ce qui nous vient de l’Etranger est meilleur. Un travail de sape savamment bien organisé durant des décennies et concernant plusieurs domaines notamment l’instruction, l’éducation, la religion et la politique. Les médiats pour couronner le tout. La colonisation a réduit à néant nos cultures et dangereusement écorché nos valeurs. Les colons nous ont donné l’indépendance, nous ont choisi une monnaie ainsi que les produits à cultiver dont l’arachide et le cacao pour les besoins de la table française. Nos meilleurs élèves par le biais des bourses étrangères sont versés dans les universités françaises. Reviendront-ils après leurs études et autres formations ?

Barcelone des mirages qui nous fascinent à travers des images fortes depuis le retour de France de l’Ancien combattant, du Docteur, de l’ingénieur, du professeur bardés de diplômes qui vont occuper les bureaux et du «France Nabé » qui a acheté une bonne partie des maisons du quartier Médina de Dakar. Barcelone qui, aujourd’hui, pour accentuer le rêve nous vend les stars du sport notamment du Foot-ball et du Basket-ball dont les trains de vie et les bonnes actions ne cessent de faire la une des journaux et enflamment la toile. Des programmes élaborés par et pour les Africains pour vendre l’Occident à l’Afrique par la BBC, la VOIX DE L’AMERIQUE, AFRICA N°1, RFI, TV5 MONDE, FRANCE 24, CANAL.Qui nuit et jouir font rêver. Des rêves qui, malheureusement mènent ces centaines de jeunes au fonds des mers. En Enfer ou au Paradis ? Dieu Seul sait.

Alioune LOUM,

ndouckou@gmail.

 

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