Leçons de Corona

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Foundiougne, le 17 juin 2020. Dans son adresse à la Nation, dans la soirée du 11 mai 2020, le Président de la République Monsieur Macky SALL nous invitait à prendre nos responsabilités. Obligés sommes-nous de vivre désormais en présence du Corona virus (COVID-19). Comme nous vivons d’ailleurs en présence du Sida, du Paludisme, de la Tuberculose, du cancer et autres. Et ce en nous protégeant. Parmi les mesures de protection figurent les gestes barrières dont le lavage des mains avec de l’eau et du savon. Ce geste a démontré son efficacité, lors de la vaste campagne WASH (sigle Anglais d’EAH : Eau, Assainissement, Hygiène) menée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) sous la houlette du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). WASH pour couper la chaîne de transmission des maladies dites « des mains sales » comme le Choléra. Aujourd’hui dans beaucoup de nos foyers, un changement de comportement bien issu du WASH : avant et après chacun des repas quotidiens, les gens se lavent les mains successivement dans de l’eau savonnée et de l’eau claire. Autre changement de comportement, celui pour éviter le paludisme : dormir sous la moustiquaire imprégnée. Et la vie continue. Continue aussi l’activité économique durement éprouvée face au COVID-19. Et pour éviter l’asphyxie, il a fallu lever des barrières pour aller au travail. La Chine et l’Europe ont dé-confiné. Ici le couvre-feu a été allégé, la circulation des personnes a repris et les gestes barrières dont le port du masque obligatoires. Un appel à une responsabilité individuelle lancé très tôt ici par le Préfet du Département de Foundiougne, Monsieur Ousseynou MBAYE. Nous nous préparions alors à célébrer, le 4 avril 2020, la Fête de l’Indépendance.

Quatre mois durant lesquels Corona est sur toutes les langues, il est intéressant de nous interroger sur d’abord la prédication ratée de nombreux oiseaux de mauvais augure qui nous préparaient, au tout début de la pandémie, à ramasser nos morts sur les trottoirs, après le passage du « tsunami » COVID-19. Ensuite sur une réalité qui consiste à toujours peindre l’Afrique en noir ; l’Afrique qui, quoiqu’on dise s’en tire bien dans la lutte contre la pandémie et qui doit occuper la place qui lui revienne dans ce nouveau monde dont le COVID-19 dessine les contours.

Pour commencer, une chose est certaine : le virus Corona a la tête dure. Pas possible de l’orienter vers une direction. Il se pavane comme un prince. On lui joue même de la musique, nuit et jour pour qu’il parte. Rien. Le combat continue. Et l’Afrique, malgré tous les préjugés se bat comme les autres continents et a fait des résultats incontestables en guérissant, seule, la maladie. Comme quoi dans notre monde d’aujourd’hui l’intelligence, les connaissances n’ont plus de couleur ou de continent. Mais des préjugés dont l’Afrique est victime persistent parce ce payantes pour certains. A Madagascar, un remède a été trouvé mais a été contesté, banalisé et pas du tout prêt à être accepté, comme ce fut le cas pour de nombreuses découvertes du Tiers Monde dont des vaccins qui dorment dans les tiroirs par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Pensant peut être que les chevronnés praticiens de Tananarive ou de de Dakar, au Sénégal, travaillent avec des poudres, des incantations et des cornes !!! Mais non. La chloroquine est bien connue du monde scientifique. On sait pourquoi pareille attitude. Les tenants de la pharmacie mondiale ne laisseront pas passer une occasion en or qu’offre le COVID-19 pour se faire fortune. Occasion aussi pour des organisations de toutes sortes de « venir au secours de l’Afrique ». Pour «vaincre le paludisme», on nous a inventé la moustiquaire imprégnée. Des millions d’exemplaires « offerts » à l’Afrique pour alimenter les industries des pays donateurs. Avec le COVID-19 s’est amplifiée une diplomatie médicale avec des cargos de produits pour « aider » les africains à se protéger. Comment expliquer que des pays plus touchés que les nôtres parcourent le continent avec des avions-cargos bourrés de matériels de protection. «Une aide» suivie et commentée par ces «spécialistes » de l’Afrique prompts à prendre plumes, micros et autres caméras pour leur jeu favori : décrire l’Afrique des malheurs pour faire des affaires. Pour «lutter contre la pauvreté» il n’y avait pas meilleur terrain d’expérimentation que l’Afrique de l’Or, du diamant, du pétrole, du bois, des matières premières. L’Afrique des pandémies (Sida, Choléra et Ebola), de l’analphabétisme, de l’ignorance et où l’Occident se bat contre les « djihadistes » au Sahel devenu un vaste champ d’expérimentation pour bien vendre des armes et pomper du pétrole en Libye, tuer des innocents en Côte d’ivoire, au Burkina Faso et au Mali. Et qui sait prochainement sera en Mauritanie, en Gambie, au Sénégal et dans l’Océan Atlantique pour y dénicher des mollahs. Des «Spécialistes» qui nous rappellent ces « sorciers blancs » du Football volant d’un pays à l’autre, aujourd’hui recyclés par des chaînes de télévision et qui, malheureusement au niveau des hautes instances mondiales de la discipline, continuent de nous juger. Mais a-t-on pris le temps d’examiner minutieusement leurs résultats ? Experts en lobbying, ils passent facilement entre les mailles. Dans le domaine de la Médecine, des «amis de l’Afrique», chasseurs de voix sont en train de placer des pions pour de futurs Honoris Causa, Prix Nobel et autres distinction.

Sans complexe, nos médecins et chercheurs travaillent avec intelligence et courage soignant et guérissant par milliers des malades du Coronavirus. Mieux l’Ecole de Dakar s’est engagée à prouver si Corona est un virus ou une bactérie mettant en place six groupes de recherche. Peut-être, le monde sera fixé sur la provenance du virus. Seulement ne soyons pas surpris avec les résultats attendus de cette école que ces mêmes « spécialistes » et « amis », comme des rapaces se précipitent sur lesdits résultats. Ils commenceront par les minimiser et après maintes comparaisons voudront piéger nos valeureux chercheurs Sénégalais et Africains. Comme avec nos matières premières ces découvertes Africaines nous reviendront bien emballées et commercialisées et à des prix d’or. Pour cela nos héros Africains seront invités partout à travers le monde pour des conférences et autres rencontres. Prudence. Les per-diems seront très importants. Les voyages et séjours des plus luxuriants. Tout cela pour les faire parler. Protégeons-les. Aidons-les à publier surtout en ANGLAIS, les résultats de leurs travaux. La responsabilité incombent à nos Etats et à nos organisations sous régionales et régionales notamment le Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Africaine (UA). L’attitude de l’OMS est à méditer. Il est maintenant très clair que l’Afrique ne pèse pas lourd au sein de ces organisations où ceux qui contribuent le plus financièrement décident. Le Président Malgache a ouvert la voie à suivre.

Pour terminer reconnaissons que le COVID-19 a permis d’ouvrir les yeux sur beaucoup de choses. Le télétravail a fini de démontrer son efficacité. Enseignement à distance, Conseils des ministres, réunions de cabinet et de directions en visio-conférence. Un Président de la République bien installé sur son fauteuil, à partir de son palais, participer à une réunion qui devait le conduire à Abuja (Nigéria) ou à Addis-Abéba (Ethiopie). Des travaux à domicile pour économiser tant en frais de voyages, en kérosène, qu’en temps. La capacité de nos vaillants artisans et chercheurs a été dévoilée au grand jour : difficile de croire auparavant que l’on pouvait fabriquer des masques, du gel et des robots au Sénégal. Produits «Made in Sénégal » qui n’ont rien à envier aux produits nous venant d’ailleurs. A nos décideurs de prendre leur responsabilité pour ne plus nous importer ou accepter des « dons » de toutes sortes. Aussi nos comportements alors que la lutte est farouche pour éliminer le virus méritent réflexion. Certains pensent que le Coronavirus n’existe pas et est une pure invention, une maladie imaginaire. Ils jouent avec le feu comme ceux qui ne respectent pas les gestes barrières. Le port du masque est un signe révélateur : on se déplace sans lui ou avec dans la poche ou sous le menton. Avec le couvre-feu, c’est un jeu de cache-cache, les jeunes en particulier, avec les forces de l’ordre. Le couvre-feu qui a donné des résultats probants : moins de vols armés, d’agressions, d’accidents de la circulation. Recommandons vivement sa première formule. Parce qu’il n’y a pas meilleures heures de repos pour les travailleurs qui se respectent que de de se reposer à de 20h et de repartir au travail à 6 heures du matin.

 

Alioune LOUM
Foundiougne
ndouckou@gmail.com

 

 

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