Foire locale de Foundiougne des produits agricoles : pour un retour à l’Agriculture bio

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Foundiougne, le 14 octobre 2019. Le temps fort de la deuxième journée de la quatrième édition de la Foire Locale de Foundiougne des produits agricoles a été le panel sur le thème principal de ladite foire : « Femmes et Agriculture : quelle résilience aux changements climatiques ? ». Panel qui  a été introduit par Monsieur Ousmane THIAM, tout nouveau Chef du Service Départemental du Développement Rural (SDDR) de Foundiougne. Pour camper le débat et faciliter les échanges, le Chef du SDDR de Foundiougne a commencé par décortiquer les concepts qui constituent le thème : Femmes, Agriculture, Changement climatique et Résilience. Poursuivant que 70 pour cent voire plus de la main d’œuvre agricole en Afrique et au Sénégal est constitué de femmes qui sont  paysannes, éleveuses et pêcheuses. Elèvent notamment le petit bétail et transforment par exemple le lait de chèvre en fromage. Sont avec les hommes aux champs et font de la graine d’arachide des pistaches, des gâteaux et de la pâte très prisée par les ménagères africaine. Investissent la mangrove à pieds ou en pirogues pour cueillir huitres et autres produits de mer dont raffolent bon nombre de sénégalais(es).  Comment résistent-elles face au choc qu’est le changement climatique qui affecte la terre, l’eau, l’air ? A l’image de la plante  prisonnière de son milieu et qui résiste, a répondu  Ousmane THIAM qui s’est beaucoup appesanti sur leurs dures conditions de travail au quotidien face à la pauvreté des sols, à l’éloignement et l’affaiblissement des captures dus à la rareté des espèces, au  manque d’eau, à la chaleur torride, aux distances parfois énormes à parcourir, à la faiblesse des marchés, aux conditions de conservation des produits qui pourrissent sur place et au non accès à la propriété foncière par les femmes.

Les illustrations et propositions de solutions face audit choc sont venues par la suite. D’abord par des partenaires comme ACTIONAID dont le Directeur National, Monsieur Zakaria SAMBAKHE, est revenu sur l’autonomisation des femmes qui ne doit pas être un slogan et s’est réjoui des avancées dans ce domaine insistant sur les Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC) exemptes de taux d’intérêt, sur les Plans locaux d’adaptation aux changements climatiques et sur les Plan de préparation des collectivités territoriales à réactualiser constamment. Ensuite des partcipant(es) venu(es) de Bakel à Djirnda  en passant par Koussanar, Djilor,  Sap, Diamniadio, Kédougou, Diossong, Ndiomdy, Ndiaffé-Ndiaffé, Foundiougne, Mbam, Missirah/Tambacounda. Tous ont reconnu beacoup souffrir  de l’ampleur du choc et sollicitent des appuis notamment de l’Etat du Sénégal et encore des partenaires  au développement. Pour une adaptation pratique, les femmes proposent de revenir au système de jachère, aux  semences paysannes, à la rotation des cultures, à l’enrichissement des sols par compost traditionnel pour une agriculture bio. Une agriculture bio pour laquelle des intervenants verraient bien l’Etat réduire voire arrêter la subvention sur les engrais chimiques. Il a été aussi proposé la modification des dates et cycles des semences, l’utilisation des semences à cycle court, le maraîchage et des techniques comme les micro-jardins. Aussi une réponse globale et grande échelle face au choc par la  création de groupes de sensibilisation, des  comités villageois de lutte, l’exploitation des informations météorologiques par des radios communautaires et rurales.

Alioune LOUM,

www. fadoum.com

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